Participe Présent : Net-IKi le village numérique…

Le tout nouveau numérique du magazine Participe Présent, accessible via Internet et en kiosque en Franche-Comté, vient de sortir avec un dossier sur « la Franche-Comté numérique« .

Deux pages sont consacrées au FabLab et à l’association Net-IKi.

Extrait – par Benoît Chevrier

DOSSIER NUMÉRIQUE

NETIKI LE VILLAGE NUMÉRIQUE

Netiki, c’est le nom d’une association née de l’absence de haut débit dans la campagne doloise qui est aujourd’hui connectée avec le monde entier !

Bienvenue dans le village

« Netiki, c’est l’internet de chez nous, dans notre patois ». Pascal Minguet accueille le sceptique avec malice. Cet ancien journaliste de presse magazine s’amuse du décalage. Lui qui surfe depuis 30 ans sur la vague du numérique l’a vécu en revenant de Paris à Jouhe (500 âmes). «Il n’y avait qu’une dizaine de maisons qui avaient l’internet 512Kb. Une pétition a circulé pour demander l’accès à internet ». Pour cette croisade numérique, Pascal Minguet s’est retrouvé en première ligne. « Un collectif s’est monté. On tenait un blog depuis l’extérieur du village et on se retrouvait à la bibliothèque qui avait le haut débit. On faisait des petits ateliers, pour apprendre à faire des démarches administratives ou gérer ses photos ».

Puis l’ADSL est arrivée, via le Wimax. Avec deux antennes et 120 abonnés pour 850 habitants, Jouhe et Biarne représentent aujourd’hui un tiers des abonnés Wimax du Jura.

« On voulait tenir à l’écart notre collectif pour l’inauguration  alors on s’est mué en association pour exister ce jour là ! »

Depuis ce mois de février 2008, Netiki a bien évolué. Dans l’ancienne école de Biarne, l’association accueille une soixantaine de personnes curieuses d’apprendre à utiliser le web avec pertinence.

« On peut tout faire avec le net. Se grouper pour commander du fuel, faire du covoiturage. Chaque matin, 30 à 40 personnes partent d’ici pour Besançon ou Dijon. On fait de l’échange de services. »

Dans le FabLab de Biarne, derrière Pascal Minguet (assis), Reynald Blondeau,le président de Netiki et Patrick Viverge, conseiller général mais aussi adhérent de l’association.Au second plan, l’imprimante 3D.

« Dans nos ateliers, de l’initiation au niveau expert, on ne parle plus d’informatique mais de numérique: appareil photo, tablette, smartphone. On veut informer les gens sur les logiciels libres, leur donner les clés pour éviter les pièges ou acheter malin» explique Reynald Blondeau, président de l’association.

Pour ces agitateurs à haut débit, l’opportunité s’est présentée de créer un FabLab (laboratoire de fabrication). Aujourd’hui Netiki est l’un des cinq pionniers en France, le premier de la zone francophone implanté en milieu rural. Il démarre cet automne.

Avec deux imprimantes 3D, Netiki version FabLab est entrée dans une nouvelle dimension. « On s’adresse maintenant aux entreprises, aux lycées techniques, aux bricoleurs du XXle siècle qui veulent inventer des formes et des objets nouveaux. Comme cet artisan menuisier local qui souhaite créer un modèle de poignée de fenêtre. »

Un FabLab n’est pas un bureau d’étude mais il peut me­ner à un nouveau modèle de consommation. « Aujourd’hui, vous cassez une pièce de votre téléphone, on vous dit de tout changer. Ici, nous pouvons réimprimer une coque, bref tout réparer. »

Le principe des FabLab aussi est intéressant. Créer des objets et abandonner les droits de propriété en mettant les plans à disposition dans une bibliothèque self-service où chacun peut à loisirs utiliser, améliorer. Ici ou à l’autre bout de la planète. C’est une autre vision de la mondialisation !

«Dans l’expression « village global mondial », résume Pascal Minguet, pour évoquer la planète numérique, ce qu’il faut retenir c’est le mot village. Son village c’est son espace communautaire et nous ici on recrée la place du village, le bistrot ! »
Qu’est-ce qu’une imprimante 3D ?

Cette imprimante crée des objets en chauffant un filament de plastique qui est extrudé à travers une buse de petit diamètre. Ce matériau est déposé en couches successives du bas vers le haut jusqu’à former l’objet complet.

Les matériaux acceptés sont l’ABS (le même plastique que les Lego) et le PLA (acide polylactique, un plastique biodégradable obtenu à partir d’amidon de maïs).

De 20 à 40 000 il Y a 10 ans, le prix d’une machine est passé à environ 2 000 €.

Add a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *