l’égalité tout simplement : le mariage pour tous !

En cette période de tension autour d’un projet de loi « mariage pour tous », qui me touche, je vais essayer de donner ma position, sachant que ce n’est pas mon habitude de le faire habituellement.

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Je ne vais pas refaire le débat, mais comme le Progrès vient de nous solliciter comme témoins, Bruno et moi, voici quelques points que j’aimerais partager.

Je pense que beaucoup me connaissent, absolument pas comme homosexuel, mais comme parent, amis, voisin, conseiller municipal, co-fondateur d’une association, d’un FabLab rural, comme blogueur ou professionnel/conférencier.. ou tout simplement comme collègue ou comme homme/personne. Certes je suis entier et passionné et je suis communicant, mais je n’en suis pas moins un homme qui vit intensément avec des valeurs qui me viennent de mes parents et grands-parents.
Et comme tout le monde j’ai une vie personnelle, intime et je suis gay. Je vous rassure, on ne le choisi pas, c’est comme çà. Pour moi, dès 16-17 ans tout était déjà très clair, à l’époque on n’en parlait pas, on considérait encore çà comme un maladie….

Et l’amour dans tous çà ?
Côté personnel, j’ai vécu 19 belles année à Craig, puis 7 ans avec Fred et depuis 2 ans je partage ma vie avec Bruno à Ladoix et franchement je pense que ce sont de très très belles années au côté de celui que j’aime. Hé oui, un homme aime un autre homme. On est loin des lois, des pour et des contres… un être humain en aime un autre.

Après mariage ou pas ?
Il y a 20 ans, je vous aurais dit que çà ne me concernait pas, que je ne cherchais pas à reproduire le modèle « standard », mais avec l’age, les coups que l’on prend de la vie… j’ai revu ma position. Hé oui on avance, on évolue…

J’ai été pascé avec Fred, nous avons beaucoup échangé, à l’époque, avec une Notaire très pédagogue et j’ai vu les limites de ce pacte. On est loin de l’égalité à la fois en terme de succession, de responsabilités par rapport aux enfants (je n’en ai pas, je n’en veux pas, mais je sais que pour beaucoup c’est un élément important que je comprend et je respecte), de partage en cas d’accident ou de fin de vie. Hé oui, à plus de 50 ans on y pense, je vois aussi des proches qui sont confrontés à la maladie, à la dépendance et je ne voudrais s’il m’arrivait à être confronté à cette situation que l’homme que j’aime, mon compagnon soit écarté des décisions importantes me concernant et ne puisse pas m’accompagné dans ces derniers moments.

Citoyens de seconde zone ?
Il y a aussi la problématique simple de l’égalité, nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone, nous sommes intégrés dans la société, dans la vie politique, associative… nous payons nos impôts (même plus que d’autres à revenus équivalents), nous sommes dans un état laïque, je suis allé à l’école de la République et j’aimerais bien bénéficier des mêmes droits et devoirs que les autres. J’aimerais bien savoir ce que la sexualité vient faire là dedans, tout comme la religion (il s’agit d’une loi sur le mariage civil).
Je sais aussi que tout a été amalgamé et que les élus on ajouté à cela la PMA (procréation médicalement assistée), la problématique des enfants. Là dessus j’avoue mon incompétence, je ne suis pas concerné et je ne me sens pas armé pour jugé. Je sais que la problématique des enfants de couples séparés, des familles recomposées, des familles homoparentales est important et profondément injuste, notamment pour les enfants. Je vous invite d’ailleurs à suivre les auditions de la commission parlementaire (lien ci-dessous) pour essayer comme moi de mieux comprendre. Bien entendu c’est un problème sociétal (j’ai horreur de ce mot), c’est donc un problème de société, certes, mais de là à monter les gens contre les autres, au risque de raviver l’homophobie ou toutes les discriminations…..

Je m’interroge
N’y a-t-il pas de problèmes plus importants dans notre société, quand on voit des gens mourir de faim et de froid, des familles monoparentales ou des retraités ne plus pouvoir se chauffer ou se loger… plus de 4 millions de chômeurs (enfin si on avait les vrais chiffres des gens qui ne peut pas vivre avec leur revenus minimal…)… Peut être que çà arrange certains que l’on se focalise sur un débat concernant une minorité plutôt que de débattre sur les vrais problèmes de société.

Une petite réflexion, j’ai l’impression que l’on a vécu (on n’avait pas les médias et les réseaux sociaux à l’époque), lors de la séparation de l’église et de l’Etat, le droit de vote attribué aux femmes, l’abolition de la peine de de mort, la loi sur l’IVG, la contraception et que nous vivrons des débats aussi fourmis lorsque l’on évoquera la fin de vie et le droit à un choix de fin de vie….

Dans tous les cas, voici l’article du Progrès sur le sujet et notre témoignage.

« Liberté, égalité, fraternité »

Je vous invite à regarder l’audition de parents, enfants par la commission de l’Assemblée Nationale le 20 décembre 2012. Je dis bravo à tous pour leur témoignage. En espérant que certains arrêterons de juger sans savoir. Nous ne voulons rien leur prendre, juste être égaux à tous.

Pour mémoire voici l’article 1 de la déclaration universelle des droits de l’homme :
Article premier
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article du Progres.fr – le 13 1 2013 – par Serge Dumont
Mariage pour tous : « C’est un droit légitime, on ne prend rien à personne ! »
Publié le 13/01/2013 à 06:00
Témoignage. La loi votée, Pascal et Bruno envisagent de passer devant monsieur le maire. Que celui-ci refuse d’appliquer la loi, voilà qui les choque profondément.

Le Progres 13 1 2013

Conseiller municipal à Jouhe, Pascal Minguet, 53 ans, est consultant conférencier. Il est cofondateur et vice-président de l’association intervillage Net-Iki, à Biarne, et du premier FabLab rural français dans cette même commune. Son compagnon Bruno Deschamps, 50 ans, est ouvrier viticole dans une commune de la Côte de Nuits. Comment vivent-ils cette période de crispation, en cette veille (vendredi, NDLR) de « grande manif » contre le mariage pour tous ? « Ben, on ne le vit pas trop bien, c’est sûr », admet Pascal Minguet, qui reste néanmoins optimisme. « Selon un sondage du… Pèlerin, une majorité de Français reste favorable au mariage pour tous.
Le problème, c’est qu’on a amalgamé mariage pour tous et PMA (procréation médicalement assistée). On a tout mélangé ».
Le mariage pour tous, Pascal et Bruno sont pour, évidemment. « C’est une égalité des droits, une reconnaissance. Quand on est jeune, on ne pense pas forcément au mariage. Mais en vieillissant, face à la maladie, à la mort, c’est une garantie. Sinon, c’est la famille qui reprend ses droits. Car le Pacs, qui est surtout plébiscité par les hétéros, ne donne pas les mêmes droits, notamment en matière d’héritage ».
Oui, quand la loi sera votée, car ils ne doutent pas qu’elle le sera, Pascal et Bruno envisagent pourquoi pas de se marier. Qu’une partie des maires annonce d’ores et déjà qu’elle refusera de marier des couples homosexuels les fait vivement réagir. « Dans ce cas-là, ils pourraient se mettre contre n’importe quelle autre loi… Si les maires n’appliquent plus les lois ! Mais je me souviens que le Jura, au sujet d’un couple d’homosexuelles, s’était déjà mis au-dessus de la loi européenne… »
Sur la procréation médicalement assistée, le couple n’a pas d’avis tranché. « Nous n’avons pas d’enfants et nous n’en voulons pas. Et nous ne sommes pas forcément compétents pour avoir un avis sur cette question. Mais là aussi, il me semble qu’on dit tout et n’importe quoi ». Pour en revenir au mariage, des connotations religieuses viennent troubler le débat. « Il s’agit pourtant de mariage civil. » Pascal Minguet, qui a longtemps vécu avec un Américain, se souvient néanmoins que l’église anglicane ne refusait pas les unions homosexuelles.
Bien dans leurs baskets, Pascal et Bruno n’ont jamais eu de problème pour vivre leur homosexualité. « De toute façon, on ne choisit pas. » Ils ont davantage d’amis hétéros que d’amis gays et ne sont pas militants. « J’ai bien fait une ou deux GayPride, mais c’était plus pour le côté festif », se souvient Pascal Minguet.
« Dans cette affaire, on retrouve la peur de l’autre, ce qu’on ne connaît pas ou mal, un peu comme pour le racisme… Le climat n’est pas homophobe, mais tout est place pour qu’il le devienne. C’est une simple question d’égalité des droits. On ne va rien prendre à personne ! »

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