Archives pour la catégorie Grand-Dole

FabLabs… le livre référence

L’énorme bouquin de Camille Bosqué, Ophélia Noor et Laurent Ricard, consacré aux FabLabs, est sorti.

Je viens de recevoir mes deux premiers exemplaires, précommandés.

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Ce bouquin va servir de référence, il permet aussi de voir la diversité des FabLabs, le foisonnement des FabLabs en France (je parle des FabLabs réels, ouverts et qui avancent …).

 

Un grand merci à Ophélia d’être venue jusqu’à Biarne et pour l’excellent moment passé …

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Hebdo 39 – Midi en France record d’audience et ….

Hebdo 39 – Un record d’audience pour Midi en France à Dole !

Merci à Cyril pour cet article à lire sans tarder

Pascal et Vincent Ferniot - Midi en France à Dole
Pascal et Vincent Ferniot – Midi en France à Dole

Encadré
Le local de l’étape…

Pascal Minguet, vous avez été à l’honneur du direct de lundi matin où vous avez concocté, en direct devant les caméras, votre recette des lasagnes jurassiennes…
Comment s’est orchestrée cette belle aventure ?
« Assez simplement ! Grâce aux réseaux sociaux et notamment à Facebook. Tout le monde connaît ma passion pour la cuisine, mon implication pour la région et les FabLabs. C’est donc assez naturellement que le service communication de la Ville de Dole et du Grand Dole a donné mes coordonnées à Ursula, la chargée du recrutement et de la gestion de la partie « cuisine » sur le plateau de Midi en France ».

Vous pratiquez cette recette depuis longtemps ? D’où vous vient-elle ?
« J’ai imaginé cette recette spécialement pour l’émission, il y a 8 jours. Je suis reparti de l’idée du poulet au vin jaune et aux morilles, j’aime aussi le mariage asperges vertes et morilles…. J’ai testé la recette en famille samedi soir, tout simplement, pour vérifier les détails… Notamment du côté de la réalisation afin de pouvoir m’adapter aux contraintes du direct ».

Que retiendrez-vous de votre passage dans l’émission ?
« J’ai passé un excellent moment. Il y a une équipe très sympathique : techniciens, producteur, réalisateur, journalistes en plateau. Ils sont tous très accessibles. On se sent tout de suite à l’aise et presque entre « potes ». Vincent Ferniot est très cool ».

Par Cyril Kempfer – Article publié le 02/12/2014

Midi en France à Dole et mes lasagnes jurasiennes

Cette semaine, l’émission Midi en France de Laurent Boyer, fait escale à Dole.

Je viens de passer un bon moment, avec une équipe super sympa.

Pascal et Vincent Ferniot - Midi en France à Dole
Pascal et Vincent Ferniot – Midi en France à Dole

 

Photo Cyril Kempfer - Hebdo 39
Photo Cyril Kempfer – Hebdo 39
Photo Cyril Kempfer - Hebdo 39
Photo Cyril Kempfer – Hebdo 39
Photo Cyril Kempfer - Hebdo 39
Photo Cyril Kempfer – Hebdo 39

Mes lasagnes jurassiennes (recette spécialement créée pour l’émission, qui va devenir un de mes classiques)
Pour 4 bons mangeurs

  • Lasagnes
    600 gr de blancs de poulet (on peut utiliser les restes de poulet)
    1 botte d’asperges vertes
    50 gr de morilles séchées
    1 boîte de lasagnes sèches
    1 verre de vin jaune (à défaut 1 verre de savagnin – cépage jurassien)
    30 cl crème fraîche
    80 cl de lait
    20 gr de maïzena
    1 citron
    100 gr de comté râpé
    Beurre
  • Salade
    200 gr de mâche
    1 carotte
    Quelques tomates cerise
    Vinaigre de vin
    Moutarde de Bourgogne aux noix
    Huile neutre

Faire tremper les morilles dans de l’eau chaude

Cuire les asperges vertes dans une eau bouillante, légèrement salée, quelques minutes (4 minutes)

Détailler les blancs de poulet en gros dés, le faire revenir et colorer dans du beurre, mouiller avec le vin blanc, puis verser l’eau de trempage des morilles (attention à éviter le fond), puis les morilles (en petits dés), un peu de jus de citron, ajouter la crême. Saler. Laisser cuire 5 mn, puis retirer du feu.

Préparer la sauce blanche : faire chauffer le lait, délayer la maïzena dans un verre d’eau froide et ajouter au lait chaud, laisser épaissir, saler et retirer du feu, ajouter la moitié de la crème.
Egouter les morceaux de volaille et les couper en petits dés (ne pas les hacher) – idem pour les morilles.
Mettre une couche de béchamel dans le fond du plat, une couche de lasagne, une couche préparation viande/morilles, une couche de lasagne, de la béchamel, des asperges vertes et de la béchamel.
Et continuer en alternant…
Terminer par des lasagnes, de la béchamel et du comté râpé.
Passer à four 180° 30 minutes.
Servir avec une salade de mâche + carotte

 

Un grand merci à Ursula, Vincent (Ferniot) et Xavier (from Dole)

Le reportage de BFM TV au FabLab comtois Net-IKi à Biarne

Voici le reportage d’Yves Couant, reporter de BFM TV qui a été diffusé ce matin.

cliquez sur l'image pour voir le reportage

Suite aux nombreux messages reçu, de partout en France, la liste des FabLabs du monde entier et français est là.
Et s’il n’y en a pas vers chez vous… nous vous aiderons à en monter un.

Quelques images du reportage, qui s’est déroulé mardi dernier.

Yves Couant en reportage au FabLab comtois Net-IKi à Birne
Reportage BFM TV au FabLabcomtois Net-IKi à Biarne
Dan du MinotLab d'Avrigney-Virey - reportage BFM TV

Je vous attends vendredi 27 et samedi 28 juin au FabLab

Le week-end du 27_29 juin 2014, le premier FabLab rural de France, le FabLab Comtois Net-IKi à Biarne, va fêter avec vous, son deuxième anniversaire.
www.fablab-comtois.org

Voici le programme, vous pouvez bloquer votre agenda, en parler au tour de vous et vous signaler par mail fablab.netiki@gmail.com pour nous aider à faire avancer tous les FabLabs Comtois actuels et en cours de création.

Le programme

Vendredi 27 juin 2014

9h30 – 12h00 Matinée pour les élus, les porteurs de projets – découverte des FabLabs ruraux, les atouts, les bonnes pratiques pour réussir. Nous recevons des élus et une association du Puy de Dôme, ainsi que la communauté de communes Petites Montagnes (Arinthod)… Tous les porteurs ou futurs porteurs de projets sont les bienvenus.

14h00-17h30 Workshop – Je créé ou j’aide à créer un FabLab Comtois

A destination des : associations, particuliers, élus, représentants des instances, du monde de l’éducation… avec une focalisation Comtoise, histoire de faire grandir rapidement le réseau des FabLabs Comtois. Cet après -midi facilitera l’échange, la mise en route des projets, la mutualisation et… la mise en réseau… Du concret et des résultats visibles rapidement. Objectif 10 FabLabs Comtois dans moins de 9 mois !

18h30 Anniversaire et présentation du FabLab rural V3

Avec à ce jours 3, voir 4 fabLabs Comtois ouverts fin juin, le FabLab Comtois Net-IKi va dévoiler son projet pour l’année à venir.  Les nouveaux projets, les accords, le réseau des FabLabs Comtois… Et d’autres surprises…

Et bien entendu nous échangerons autour d’un verre….

Samedi 28 juin 2014

9h30 à 16h30 Journée anniversaire et journée Portes ouvertes – ateliers ouverts – Bricolage, découverte, bavardage et convivialité

Ouvert à tous, pour découvrir, s’initier, découvrir les projets, ….

Et entre 12h30 et 14h – un co-pique-nique dans la cour du FabLab. – laissez nous un mail rapidement (fablab.netiki@gmail.com)

Très bonne semaine à tous,

Pour toute question/contact presse-élus : Pascal Minguet – 06 60 324 386 et mail fablab.netiki@gmail.com

Télérama : La révolution est en marche

Je suis très fier de toute l’équipe du FabLab Net-IKi…. et un grand merci à Wéronika.

Covoiturage, logiciels libres, séjours chez l’habitant : le partage s’impose dans toutes les sphères.
Et serait même une sérieuse alternative au néolibéralisme.
Exemple à Biarne, dans le Jura.

Dossier réalisé par Weronika Zarachowicz
Photos Julien Mignot pour Télérama 11 juin 2014

Télérama 11 juin 2014

L’essayiste américain Jeremy Rifkin l’annonce dans son dernier livre paru aux Etats-Unis, The Zero Marginal Cost Society : l’économie du partage, ou économie collaborative, est une « révolution », capable de balayer deux siècles de capitalisme.
Dans cette économie, tout se partage – la musique, la voiture, les appartements… –, et de nouvelles
pratiques collaboratives – troc, achats groupés, nouveaux modes d’organisation du travail, agriculture paysanne et circuits de proximité… –se multiplient pour le « bien commun », c’est-à-dire
l’intérêt de tous. Sommes-nous face à une mythologie bobo et médiatique ou plutôt à une révolution
profonde de nos modes de vie ? Faut-il y voir de simples logiques de consommation anticrise ou
bien une vraie remise en question de notre rapport aux objets et à la propriété ? Plutôt que de tenter de résumer ce vaste champ d’expérimentations, où se côtoient aussi bien des petits acteurs locaux comme les Amap (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) que des géants comme Airbnb – ce site de location d’appartements chez l’habitant, valorisé à plus de 10 milliards de dollars… –, nous avons choisi de nous focaliser sur son potentiel créatif. Dans un petit village du Jura, par exemple, où s’échafaude et s’invente le premier « fab lab » (de l’anglais fabrication laboratory) rural de l’Hexagone. Nous poursuivons la visite en compagnie du philosophe Pierre Dardot et du sociologue Christian Laval, auteurs du formidable Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle. Pour eux, ce « commun » est la grande idée politique du XXIe siècle, une très sérieuse alternative au néolibéralisme.

A première vue, rien ne détonne à Biarne. Une église, une mairie ouverte deux fois deux heures, une jolie chapelle classée monument historique et, ce jeudi après-midi, quelques poids lourds qui déchirent le silence. Dans cette bourgade nichée dans la verdure vallonnée du Jura, à quelques kilomètres de Dole et de sa gare TGV, tout a fermé, café, commerces. Il faut pousser jusqu’à la blanche mairie pour découvrir une autre histoire que celle du village-dortoir de trois cent soixante habitants, victime de l’exode rural et du vieillissement de sa population. Là, au premier étage, s’épanouit le premier fab lab rural de France, Net-Iki (« ici » en franc-comtois).

Télérama 11 6 2014

Depuis trois ans, Biarne est devenu l’un des foyers français d’un mouvement que Chris Anderson, ancien rédacteur en chef du magazine Wired, la bible techno américaine, qualifie de « prochaine révolution industrielle » : des « ateliers communautaires de l’ère numérique » qui permettent à M. et Mme Tout-le-monde de fabriquer toutes sortes d’objets comme dans une mini-usine, en partageant des connaissances, des procédés et des plans en accès libre sur le Net. Le principe de ces laboratoires de fabrication a germé loin du Jura, dans la tête de Neil Gershenfeld, professeur au Massachusetts Institute of Technology de Boston et initiateur d’un cours sur les prototypes, « Comment fabriquer presque n’importe quoi ». Mais à Biarne, dans les deux anciennes salles de classe de l’école, fraîchement repeintes, souffle bien l’esprit du « do it yourself, do it with others » (« faites-le vous-même, faites-le avec les autres »).

La panoplie d’outils conforme à la charte des fab labs définie par Gershenfeld s’offre au visiteur, éparpillée sur des tables : la découpeuse à fil chaud, le scanner, des ordinateurs et la fameuse imprimante 3D qui permet de recréer le bouton cassé de son four à partir de quelques grammes de plastique. Commandée par un ordinateur, l’imprimante dépose de la matière, couche par couche,
jusqu’à créer l’objet souhaité, dessiné grâce à un logiciel ou scanné en 3D… 1 A Biarne, la philosophie fab lab s’affiche d’entrée : « Un fab lab, c’est une communauté, un partage de valeurs de bienveillance, de connaissances, dit Jean-Baptiste Fontaine, 29 ans, un des cofondateurs. Un lieu
pour casser les barrières transgénérationnelles, transdisciplinaires et cultiver l’intelligence collective.»
Tout a commencé dans une de ces réunions au format peu académique — un BarCamp —, une «non-conférence » dont le principe est « pas de spectateurs, tous participants ». Jean-Baptiste, fils d’agriculteur, fan du philosophe Bernard Stiegler et bien décidé à « changer le monde », rencontre
Pascal Minguet, expert en communication revenu au pays après quelques années parisiennes et initiateur d’une association qui réclame le haut débit dans les villages et « aide les ruraux à ne plus subir l’informatique ».
« On s’est d’abord mis à faire des achats groupés, à échanger des infos sur une page Facebook commune et, quand on s’est lancé dans ce fab lab rural, en 2011 avec JB, tout le monde était prêt », dit Pascal, 55 ans, pull mandarine et le rire qui rythme ses phrases.
Trois ans plus tard, Net-Iki agit comme un aimant. Deux jours par semaine, aux horaires d’ouverture de la mairie, s’y croisent plus de quatre-vingts adhérents de tous horizons, retraités ou geeks, garagistes ou architectes, qui font de ce fab lab le plus ouvert de l’Hexagone. On vient fabriquer un jeton de Caddie, un support d’antenne satellite, un modèle réduit de clocher comtois ou encore un prototype de mâchoire-mannequin développé par un étudiant en chirurgie dentaire de Besançon pour s’entraîner… « On travaille aussi avec des PME, des groupes de recherche et développement du coin, qui ont besoin d’imprimer en 3D », ajoute Pascal Minguet. Démarrée avec une subvention du conseil
général, Net-Iki est aujourd’hui autonome financièrement — « une preuve de plus qu’il faut faire confiance aux gens ! Le conseil général a largement rentabilisé ses 5 000 euros, quand on sait que le moindre rond-point coûte entre 1 et 1,5 million d’euros… » Ce jeudi, ils sont une petite dizaine, comme Adrien, ex-étudiant en agriculture devenu programmeur, Arnaud, jeune cantonnier passionné de numérique (il a formé Hubert Reeves à l’imprimante 3D au festival Atmosphères de Courbevoie !), ou encore Noëlle, rousse retraitée qui nous a covoiturés depuis Dole. Jean-Baptiste imprime une ministatue de la liberté — échevelée —, puis propose une partie de jeu de société collaboratif — «un défi, il en existe si peu dans notre culture compétitive ! »

« Ici, on refait ce qu’on ferait au café », dit Pascal. Ou naguère à la forge. « Hier, l’outil était sous nos yeux, chez le maréchal-ferrant, qui pouvait fabriquer les choses et nous l’expliquer, poursuit Jean-Baptiste. Aujourd’hui, l’usine est à l’autre bout du monde, fermée, opaque. On n’a aucune conscience des outils qui permettent de comprendre comment fonctionnent nos objets, comment les réparer et se les réapproprier. Le fab lab permet de lutter concrètement contre la première des dépossessions : celle des savoirs et des savoirfaire.» L’air de rien, les compagnons de Net-Iki touchent aux « absurdités du système actuel », dit Reynald Blondeau, son énergique président. « Je suis un enfant de la société de consommation, mais cette logique — acheter, jeter et remplacer
— commence à me gonfler ! Avec le fab lab, on est en plein dans la lutte contre l’obsolescence programmée. »
On pense soudain à cette phrase du philosophe André Gorz, « c’est le capitalisme lui-même qui, sans le vouloir, travaille à sa propre extinction en développant les outils d’une sorte d’artisanat high-tech ». Alain Verber, retraité du coin, vient justement de réparer un broyeur à papier et un cuitvapeur — « impossible de trouver les pièces détachées ! C’est quand même magique, et puis ça nous redonne une vraie autonomie.»
A Biarne comme à Boston ou Amsterdam, on apprend à faire soi-même et ensemble, « et on rend le monde un peu plus judicieux », dit Adrien de sa voix douce. Un idéal de société « collaborative », limite subversif, un grain de sable positif « pour ne pas rayer la ruralité de la carte », insiste Pascal
Minguet. « On voulait prouver que c’était possible chez nous » : grâce à Net-Iki, un village franc-comtois a retrouvé sa place sur la carte de France •
1 L’« -*encre » utilisée est souvent du plastique, mais aussi du métal, du béton, voire du sable, comme dans le projet du suédois Magnus Larsson, qui veut transformer des dunes en villes, en plein Sahara…

Telerama 11 6 2014

Et faites un tour sur le site Télérama.fr

Développement économique où une histoire de FabLab rural

Journal des maires – www.journaldesmaires.com mars-avril 2014

Développement économique

L’impression en 3D pour tous

Les ateliers de fabrication numérique, les Fab Labs, commencet à créer une nouvelle réalité économique, complémentaire de la production industrielle de masse. Exemple à Biarne dans le Jura.

Le concept de Fabrication Laboratories (atelier de fabrication), ou Fab Lab, a été inventé en 1999 par un chercheur américain du Massachusetts institute of technology (MIT). Le Fab Lab c’est l’atelier de bricolage du XXIème siècle. On y trouve des machines pilotées par ordinateur qui permettent de fabriquer à l’unité des objets divers. La star du système est l’imprimante 3D. En quelques minutes ou en quelques heures, elle est capable de fabriquer une pièce physique à partir d’une simple image en trois dimensions, en superposant un millefeuille de couches.

« Il y a dix ans, une imprimante 3D coûtait dans les 150 000 euros, alors que les premiers d’aujourd’hui avoisinent 1 000 euros, calcule Pascal Minguet. C’est ce qui explique sa démocratisation actuelle. » Conseiller municipal jusqu’en mars dernier à Jouhe (Jura, 500 habitants), cet ancien journaliste de la presse spécialisée informatique et télécommunication est aussi le premier créateur d’un Fab Lab rural (le cinquième ouvert en France). En fonctionnement depuis juin 2012, il est situé derrière la mairie, dans l’ancienne école de Biarne (Jura, 350 habitants). Un lieu convivial, intergénérationnel, où l’on vient inventer, échanger, s’entraider, dans un esprit d’ouverture et de coopération.

Boutons de four ou prototypes

Quels ont été les premiers objets made in Biarne ? « Il s’agissait de fabriquer une petite pièce plastique pour réparer une fenêtre oscillo-battante, dont le fabriquant avait déposé le bilan. Depuis, en petite série, on a contribuer à réparer d’autres fenêtres dans el secteur. On a aussi aidé une grand-mère à remplacer un bouton de four dont le modèle n’existait plus dans le commerce. » Les besoins personnalisés des habitants n’ont pas de limite : création de supports d’antenne, invention de support pour talkies-walkies placés sur les guidons de vélos… Les professionnels y ont aussi recours, comme cet architecte de Besançon qui a imprimé son projet ne 3D afin de concourir pour la construction d’un bâtiment municipal en Suisse. Les entreprises, elles, utilisent déjà beaucoup ce système pour des services de prototypage.

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[[Une prothèse de main en 3D

L’un des plus beaux exemples est celui de la prothèse de main Robohand. Après avoir perdu quatre doigts dans un accident, un menuisier sud-africain a fait appel à un designer américain de mains mécaniques afin de concevoir un modèle de prothèse peu coûteux, capable de s’adapter aux besoins de chaque individu. Aujourd’hui, il suffit d’avoir accès à une imprimante 3D pour créer sa propre main robotique car le fichier de conception est librement utilisable en open source.]]

Les Fab Labs, qui offrent la possibilité de fabriquer des produits proches des besoins des consommateurs, pallient les manques de la production de masse et assurent la durabilité des objets, en luttant contre l’obsolescence programmée par les industriels. « Si on continue à jeter tous les produits dès qu’ils ont un problème, on va droit dans le mur, car il n’y aura plus assez de ressources pour couvrir les besoins de la population mondiale », analyse Pascal Minguet. Une autre forme d’économie vient donc s’ajouter au système capitaliste classique. D’autant plus que les Fab Labs pionniers, sont conçus comme des lieux ouverts d’échange mondial de savoirs, avec des objets libres de droits, de manière à ce que chacun puisse les reproduire et les améliorer.

Un enjeu majeur pour les années à venir

A Biarne, tout a débuté par des problèmes de connexion. Quand Pascal Minguet vient habiter à Jouhe en 2008, les 512 habitants du village ne sont quasiment pas reliés à Internet. Ils décident donc de constituer un collectif de protestation, tiennent un blog… et finissent par être entendus par leurs élus. Malheureusement après déploiement du wimax hertzien, 40 % des maisons demeurent toujours numériquement coupées du monde. Les habitants créent l’association Net-IKi, pourvue d’un local commun d’accès au web et d’ateliers d’initiation divers. Dès 2010, le conseil régional les met en contact avec un think tank national, qui s’intéresse au développement des Fab Labs. Leur projet débute en même temps que Toulouse, Nantes, Cergy-Pontoise, Lille et Nancy ! « Côté équipement, on peut démarrer de manière modeste, avec 5 000 euros. C’est ce que nous a donné le conseil général du Jura », assure Pascal Minguet.

[[Le soutien des gouvernements

En décembre dernier, Arnaud Montebourg ministre du redressement productif et Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME, ont annoncé leur soutien financier à la création de 14 Fab Lab (sur 154 demandes déposées en provenance de 23 régions). Les projets retenus « mettaient l’accent sur le développement d’actions à destination des entreprises ». D’autres créations devraient pouvoir continuer à bénéficier d’aides, notamment dans le cadre des projets liés à la French Tech, doté de 215 millions d’euros. D’après le président américain Barack Obama, l’impression 3D serait l’un des moyens de relocaliser une partie de la production aux Etats-Unis. Ces machines pourraient même être présentes au domicile de chaque foyer d’ici une trentaine d’années.]]

Aujourd’hui, le Fab Lab de Biarne compte 75 membres associés et il bénéficie de la compétence d’un noyau dur de bénévoles aguerris en informatique. Car, avant d’imprimer en 3D, il faut d’abord apprendre à concevoir le fichier numérique d’un objet en 3D, ce qui suppose de savoir manier des logiciels de modélisation. L’apprentissage se déroule sur place, en conformité avec la charte d’éthique de fonctionnement du réseau mondial : « Chaque utilisateur doit apprendre à fabriquer son objet lui-même. La formation dans le Fab Lab s’appuie sur des projets et l’apprentissage par des pairs. Chacun doit prendre part à la capitalisation des connaissances et à l’instruction des autres utilisateurs. »

Comme les Fab Labs travaillent en réseau, Pascal Minguet est confiant dans leurs possibilités d’extension. « Nous venons d’aider la commune de Champagnole (Jura, 8058 habitants) à monter son propre Fab Lab, dans les locaux du lycée Paul-Emile Victor. J’ai connaissance d’autres projets pour 2014, dans le Jura, le Doubs, la Haute-Saône, sur le Territoire de Belfort, en Côte d’Or, en Saône et Loire… A mon avis, il ne faut surtout pas s’adresser à un bureau spécialisé pour monter une telle structure, mais plutôt demander l’aide du Fab Lab le plus proche de sa commune ». Le maillage idéal, selon Pascal Minguet, serait que chaque citoyen puisse avoir accès à un Fab Lab à trente minutes maximum de son domicile. « L’inclusion numérique, conclut-il, est l’un des enjeux majeurs des élections municipales en 2014 comme dans six ans.

Chantal Béraud.

Le Journal des Maires – sommaire du n° de mars-avril 2014