Archives pour la catégorie Talents, Passions

Hebdo 39 – Midi en France record d’audience et ….

Hebdo 39 – Un record d’audience pour Midi en France à Dole !

Merci à Cyril pour cet article à lire sans tarder

Pascal et Vincent Ferniot - Midi en France à Dole
Pascal et Vincent Ferniot – Midi en France à Dole

Encadré
Le local de l’étape…

Pascal Minguet, vous avez été à l’honneur du direct de lundi matin où vous avez concocté, en direct devant les caméras, votre recette des lasagnes jurassiennes…
Comment s’est orchestrée cette belle aventure ?
« Assez simplement ! Grâce aux réseaux sociaux et notamment à Facebook. Tout le monde connaît ma passion pour la cuisine, mon implication pour la région et les FabLabs. C’est donc assez naturellement que le service communication de la Ville de Dole et du Grand Dole a donné mes coordonnées à Ursula, la chargée du recrutement et de la gestion de la partie « cuisine » sur le plateau de Midi en France ».

Vous pratiquez cette recette depuis longtemps ? D’où vous vient-elle ?
« J’ai imaginé cette recette spécialement pour l’émission, il y a 8 jours. Je suis reparti de l’idée du poulet au vin jaune et aux morilles, j’aime aussi le mariage asperges vertes et morilles…. J’ai testé la recette en famille samedi soir, tout simplement, pour vérifier les détails… Notamment du côté de la réalisation afin de pouvoir m’adapter aux contraintes du direct ».

Que retiendrez-vous de votre passage dans l’émission ?
« J’ai passé un excellent moment. Il y a une équipe très sympathique : techniciens, producteur, réalisateur, journalistes en plateau. Ils sont tous très accessibles. On se sent tout de suite à l’aise et presque entre « potes ». Vincent Ferniot est très cool ».

Par Cyril Kempfer – Article publié le 02/12/2014

la République du Jura, vous connaissez ?

Mon ami Joël vient de m’alerter sur la création de cette République qui allie humour et … valeurs locales.

La curée territoriale française est l’occasion de franchir les bornes. Dans cette situation,
depuis Pierre Dac ou le Sapeur Camenber, les limites disparaissent. Fort de ce théorème
nous avons l’avantage primeur d’annoncer la

Création d’une République du JURA
hors sol, virtuelle, outre-terre, sans dedans ni dehors, Universelle.

repjura

Sans absolutisme de voyou, sans autoritarisme prophétique, sans frontières prédécoupées,
sans cancre-roi, voici l’Etat-cancre, 1ère de la classe des nations du 6ème continent

La République du JURA, née jurassique, se revendique micro nation à définition culturelle et affective, affirmant une identité en destin, indépendante et libre.
La plus proche des pays de l’est, tout à fait inutile, la République du JURA s’avère indispensable à la pensée du 21ème siècle qui redétricote les territoires.
Pour les Jurassiens, pour les amoureux du JURA, pour ceux qui y vivent et rêvent d’y vivre, pour tous… Enfin une micro nation vous donne une identité folle et altruiste pas du tout vue à la télé. Trouvez nos projets zoubia et en particulier le Passeport Jurassien (premier projet historique concernant tous les jurassiens et amoureux du Jura), sur :

www.larepubliquedujura.com
il suffit d’en rire…
Pour un JURA jurassien !
contact@larepubliquedujura.com

on refait le monde… ma petite contribution à l’économie collaborative

SocialTer N°6 août-septembre 2014

Dossier : Economie collaborative… La révolution des makers. Article de Clarisse Briot (qui est passé à Biarne en juin)

Quand le faire est l’affaire de tous.

FabLab des champs
Un Fab Lab dans un village du Jura: qui l’eut cru ? Deux ans après sa création, Net-IKi, le premier Fab Lab rural de France, fait des émules. Son pari: ouvrir le collaboratif au plus grand nombre.

Des ordinateurs et des im­primantes 3D ont rem­placé le tableau noir et les pupitres d’écoliers. A Biarne, bourgade de 350 habitants près de Dole, dans le Jura, un FabLab s’est installé dans l’ancienne école, et désormais, ce sont d’autres sa­voirs qui s’y partagent. L’association Net-IKi (« ici » en franc-comtois) est née de la rencontre de deux blogueurs de communes voisines. Elle a d’abord milité pour obtenir un débit Internet satisfaisant dans les villages et y amener « la culture numérique ». Puis, de fil en aiguille, l’idée de lancer le premier Fab Lab rural de l’Hexagone a germé.

À l’instar du café qui a depuis long­temps déserté la place du village, l’ate­lier de fabrication est d’abord un lieu où se croisent des gens d’horizons très divers. « Sur le papier, c’est un mélange improbable qui ne marche pas », s’amuse Reynald Blondeau, le pré­sident de l’association, ingénieur dans la plus grosse entreprise du départe­ment. « Notre Fab Lab est sans doute l’un des plus ouverts de France, on accueille aussi bien des collégiens que des retraités, des architectes mais aussi Monsieur et Madame Tout-le-monde » », renchérit Pascal Minguet, cofondateur et ani­mateur de cette communauté hétéro­clite. Ce jour-là, autour des impri­mantes 3D, du scanner, de la découpe à fil chaud et des logiciels libres, s’af­fairent notamment Arnaud, 25 ans, cantonnier du village voisin passionné de 3D, et Dominique, 50 ans, agent d’entretien.

Lutter contre l’obsolescence programmée
Ces bricoleurs du XXI’ siècle se re­trouvent ici pour fabriquer des proto­types – un étudiant en chirurgie dentaire est venu imprimer une mâchoire pour s’entrainer à opérer – et des objets de la vie quotidienne : jetons de Caddie, poi­gnées de four, pièces de tondeuses à gazon ou de jouets cassés … « Les gros Fab Labs font des projets d’ingénieurs, sourit Pascal Minguet. Nous, nous sommes très pragmatiques!» Pour autant, l’ambition est bien là : donner accès à la technologie au plus grand nombre et à moindre coût, et promouvoir la collaboration autour de projets. « Les machines ne sont qu’un pré­texte pour les faiire travailler les gens en­semble, innover, explique Pascal Min­guet. Nous leur redonnons de la confiance et du pouvoir. »

« Les machines ne sont qu’un prétexte pour faire travailler les gens ensemble et innover »

Celui, par exemple, d’oser dépecer son téléviseur en panne pour fabriquer soi-­même la pièce défectueuse que les indus­triels ne vendent plus. Car le « faire en­semble» veut inspirer un nouveau modèle: celui de la lutte contre l’obsoles­cence programmée, de la relocalisation de certaines productions et de l’open source. « Pour survivre, il faudra vulga­riser, partager les connais­sances afin que chacun puisse être créatif, lance le président. Ce sera possible de façon industrielle, dam de petites unités.»
À Biame, on est conscient de n’être encore qu’au stade du défrichement. Mais cer­tains – comme Jean-Baptiste Fontaine, 29 ans, cofondateur du lieu – appellent de leurs vœux une nouvelle ère. « C’est beaucoup plus efficace d’être dans une lo­gique de partage que de brevets, explique ce fils d’agriculteur, fan de Jeremy Rifkin et Bernard Stiegler, fervents défenseurs du Do It Yourself Nous sommes dans un monde bridé, spécialisé à outrance, opaque, dans lequel l’humain souffre. Il fàut re­prendre la main. »

En attendant, Net-IKi œuvre, à son échelle, à démocratiser les pratiques collaboratives et compte «passer à la vitesse supérieure» en accompagnant la création de nouveaux Fab Labs dans la région, pour atteindre une dizaine d’ici la fin de l’année. Avec un supplément d’âme: celui de la défense de la ruralité. Comme l’a dit un jour un maker de passage : «Ici, on partage tout, sauf les coins à champignons. »

Le reportage de BFM TV au FabLab comtois Net-IKi à Biarne

Voici le reportage d’Yves Couant, reporter de BFM TV qui a été diffusé ce matin.

cliquez sur l'image pour voir le reportage

Suite aux nombreux messages reçu, de partout en France, la liste des FabLabs du monde entier et français est là.
Et s’il n’y en a pas vers chez vous… nous vous aiderons à en monter un.

Quelques images du reportage, qui s’est déroulé mardi dernier.

Yves Couant en reportage au FabLab comtois Net-IKi à Birne
Reportage BFM TV au FabLabcomtois Net-IKi à Biarne
Dan du MinotLab d'Avrigney-Virey - reportage BFM TV

On se retrouve sur BFM dimanche matin – 29 juin 2014

BFM TV nous rend visite

Après France 3 – réseau national- qui avait diffusé un reportage sur NetIki et le FabLab de Biarne (au nord de Dole) c’est BFM TV qui est venu effectuer, mardi dernier -24 juin 2014, un reportage toujours au FabLab de Biarne. Yves Couant, journaliste, cameraman et monteur parcourt le pays pour alimenter son magazine « Histoires en France » qui passe sur le petit écran tous les samedis et dimanches toutes les heures (6h27, 7h27, 8h27…).

Yves Couant en pleine action - Photo André Pinon

Dimanche prochain 29 juin 2014, 29 juin, vous pourrez donc voir sur cette chaîne (15 sur la TNT) la rubrique d’Yves qui passera dès 7h27 le matin.
Reportage BFM TV au FabLab comtois Net-IKi - Photo André Pinon

Le Progrès.fr – André Pinon

Je vous attends vendredi 27 et samedi 28 juin au FabLab

Le week-end du 27_29 juin 2014, le premier FabLab rural de France, le FabLab Comtois Net-IKi à Biarne, va fêter avec vous, son deuxième anniversaire.
www.fablab-comtois.org

Voici le programme, vous pouvez bloquer votre agenda, en parler au tour de vous et vous signaler par mail fablab.netiki@gmail.com pour nous aider à faire avancer tous les FabLabs Comtois actuels et en cours de création.

Le programme

Vendredi 27 juin 2014

9h30 – 12h00 Matinée pour les élus, les porteurs de projets – découverte des FabLabs ruraux, les atouts, les bonnes pratiques pour réussir. Nous recevons des élus et une association du Puy de Dôme, ainsi que la communauté de communes Petites Montagnes (Arinthod)… Tous les porteurs ou futurs porteurs de projets sont les bienvenus.

14h00-17h30 Workshop – Je créé ou j’aide à créer un FabLab Comtois

A destination des : associations, particuliers, élus, représentants des instances, du monde de l’éducation… avec une focalisation Comtoise, histoire de faire grandir rapidement le réseau des FabLabs Comtois. Cet après -midi facilitera l’échange, la mise en route des projets, la mutualisation et… la mise en réseau… Du concret et des résultats visibles rapidement. Objectif 10 FabLabs Comtois dans moins de 9 mois !

18h30 Anniversaire et présentation du FabLab rural V3

Avec à ce jours 3, voir 4 fabLabs Comtois ouverts fin juin, le FabLab Comtois Net-IKi va dévoiler son projet pour l’année à venir.  Les nouveaux projets, les accords, le réseau des FabLabs Comtois… Et d’autres surprises…

Et bien entendu nous échangerons autour d’un verre….

Samedi 28 juin 2014

9h30 à 16h30 Journée anniversaire et journée Portes ouvertes – ateliers ouverts – Bricolage, découverte, bavardage et convivialité

Ouvert à tous, pour découvrir, s’initier, découvrir les projets, ….

Et entre 12h30 et 14h – un co-pique-nique dans la cour du FabLab. – laissez nous un mail rapidement (fablab.netiki@gmail.com)

Très bonne semaine à tous,

Pour toute question/contact presse-élus : Pascal Minguet – 06 60 324 386 et mail fablab.netiki@gmail.com

Télérama : La révolution est en marche

Je suis très fier de toute l’équipe du FabLab Net-IKi…. et un grand merci à Wéronika.

Covoiturage, logiciels libres, séjours chez l’habitant : le partage s’impose dans toutes les sphères.
Et serait même une sérieuse alternative au néolibéralisme.
Exemple à Biarne, dans le Jura.

Dossier réalisé par Weronika Zarachowicz
Photos Julien Mignot pour Télérama 11 juin 2014

Télérama 11 juin 2014

L’essayiste américain Jeremy Rifkin l’annonce dans son dernier livre paru aux Etats-Unis, The Zero Marginal Cost Society : l’économie du partage, ou économie collaborative, est une « révolution », capable de balayer deux siècles de capitalisme.
Dans cette économie, tout se partage – la musique, la voiture, les appartements… –, et de nouvelles
pratiques collaboratives – troc, achats groupés, nouveaux modes d’organisation du travail, agriculture paysanne et circuits de proximité… –se multiplient pour le « bien commun », c’est-à-dire
l’intérêt de tous. Sommes-nous face à une mythologie bobo et médiatique ou plutôt à une révolution
profonde de nos modes de vie ? Faut-il y voir de simples logiques de consommation anticrise ou
bien une vraie remise en question de notre rapport aux objets et à la propriété ? Plutôt que de tenter de résumer ce vaste champ d’expérimentations, où se côtoient aussi bien des petits acteurs locaux comme les Amap (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) que des géants comme Airbnb – ce site de location d’appartements chez l’habitant, valorisé à plus de 10 milliards de dollars… –, nous avons choisi de nous focaliser sur son potentiel créatif. Dans un petit village du Jura, par exemple, où s’échafaude et s’invente le premier « fab lab » (de l’anglais fabrication laboratory) rural de l’Hexagone. Nous poursuivons la visite en compagnie du philosophe Pierre Dardot et du sociologue Christian Laval, auteurs du formidable Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle. Pour eux, ce « commun » est la grande idée politique du XXIe siècle, une très sérieuse alternative au néolibéralisme.

A première vue, rien ne détonne à Biarne. Une église, une mairie ouverte deux fois deux heures, une jolie chapelle classée monument historique et, ce jeudi après-midi, quelques poids lourds qui déchirent le silence. Dans cette bourgade nichée dans la verdure vallonnée du Jura, à quelques kilomètres de Dole et de sa gare TGV, tout a fermé, café, commerces. Il faut pousser jusqu’à la blanche mairie pour découvrir une autre histoire que celle du village-dortoir de trois cent soixante habitants, victime de l’exode rural et du vieillissement de sa population. Là, au premier étage, s’épanouit le premier fab lab rural de France, Net-Iki (« ici » en franc-comtois).

Télérama 11 6 2014

Depuis trois ans, Biarne est devenu l’un des foyers français d’un mouvement que Chris Anderson, ancien rédacteur en chef du magazine Wired, la bible techno américaine, qualifie de « prochaine révolution industrielle » : des « ateliers communautaires de l’ère numérique » qui permettent à M. et Mme Tout-le-monde de fabriquer toutes sortes d’objets comme dans une mini-usine, en partageant des connaissances, des procédés et des plans en accès libre sur le Net. Le principe de ces laboratoires de fabrication a germé loin du Jura, dans la tête de Neil Gershenfeld, professeur au Massachusetts Institute of Technology de Boston et initiateur d’un cours sur les prototypes, « Comment fabriquer presque n’importe quoi ». Mais à Biarne, dans les deux anciennes salles de classe de l’école, fraîchement repeintes, souffle bien l’esprit du « do it yourself, do it with others » (« faites-le vous-même, faites-le avec les autres »).

La panoplie d’outils conforme à la charte des fab labs définie par Gershenfeld s’offre au visiteur, éparpillée sur des tables : la découpeuse à fil chaud, le scanner, des ordinateurs et la fameuse imprimante 3D qui permet de recréer le bouton cassé de son four à partir de quelques grammes de plastique. Commandée par un ordinateur, l’imprimante dépose de la matière, couche par couche,
jusqu’à créer l’objet souhaité, dessiné grâce à un logiciel ou scanné en 3D… 1 A Biarne, la philosophie fab lab s’affiche d’entrée : « Un fab lab, c’est une communauté, un partage de valeurs de bienveillance, de connaissances, dit Jean-Baptiste Fontaine, 29 ans, un des cofondateurs. Un lieu
pour casser les barrières transgénérationnelles, transdisciplinaires et cultiver l’intelligence collective.»
Tout a commencé dans une de ces réunions au format peu académique — un BarCamp —, une «non-conférence » dont le principe est « pas de spectateurs, tous participants ». Jean-Baptiste, fils d’agriculteur, fan du philosophe Bernard Stiegler et bien décidé à « changer le monde », rencontre
Pascal Minguet, expert en communication revenu au pays après quelques années parisiennes et initiateur d’une association qui réclame le haut débit dans les villages et « aide les ruraux à ne plus subir l’informatique ».
« On s’est d’abord mis à faire des achats groupés, à échanger des infos sur une page Facebook commune et, quand on s’est lancé dans ce fab lab rural, en 2011 avec JB, tout le monde était prêt », dit Pascal, 55 ans, pull mandarine et le rire qui rythme ses phrases.
Trois ans plus tard, Net-Iki agit comme un aimant. Deux jours par semaine, aux horaires d’ouverture de la mairie, s’y croisent plus de quatre-vingts adhérents de tous horizons, retraités ou geeks, garagistes ou architectes, qui font de ce fab lab le plus ouvert de l’Hexagone. On vient fabriquer un jeton de Caddie, un support d’antenne satellite, un modèle réduit de clocher comtois ou encore un prototype de mâchoire-mannequin développé par un étudiant en chirurgie dentaire de Besançon pour s’entraîner… « On travaille aussi avec des PME, des groupes de recherche et développement du coin, qui ont besoin d’imprimer en 3D », ajoute Pascal Minguet. Démarrée avec une subvention du conseil
général, Net-Iki est aujourd’hui autonome financièrement — « une preuve de plus qu’il faut faire confiance aux gens ! Le conseil général a largement rentabilisé ses 5 000 euros, quand on sait que le moindre rond-point coûte entre 1 et 1,5 million d’euros… » Ce jeudi, ils sont une petite dizaine, comme Adrien, ex-étudiant en agriculture devenu programmeur, Arnaud, jeune cantonnier passionné de numérique (il a formé Hubert Reeves à l’imprimante 3D au festival Atmosphères de Courbevoie !), ou encore Noëlle, rousse retraitée qui nous a covoiturés depuis Dole. Jean-Baptiste imprime une ministatue de la liberté — échevelée —, puis propose une partie de jeu de société collaboratif — «un défi, il en existe si peu dans notre culture compétitive ! »

« Ici, on refait ce qu’on ferait au café », dit Pascal. Ou naguère à la forge. « Hier, l’outil était sous nos yeux, chez le maréchal-ferrant, qui pouvait fabriquer les choses et nous l’expliquer, poursuit Jean-Baptiste. Aujourd’hui, l’usine est à l’autre bout du monde, fermée, opaque. On n’a aucune conscience des outils qui permettent de comprendre comment fonctionnent nos objets, comment les réparer et se les réapproprier. Le fab lab permet de lutter concrètement contre la première des dépossessions : celle des savoirs et des savoirfaire.» L’air de rien, les compagnons de Net-Iki touchent aux « absurdités du système actuel », dit Reynald Blondeau, son énergique président. « Je suis un enfant de la société de consommation, mais cette logique — acheter, jeter et remplacer
— commence à me gonfler ! Avec le fab lab, on est en plein dans la lutte contre l’obsolescence programmée. »
On pense soudain à cette phrase du philosophe André Gorz, « c’est le capitalisme lui-même qui, sans le vouloir, travaille à sa propre extinction en développant les outils d’une sorte d’artisanat high-tech ». Alain Verber, retraité du coin, vient justement de réparer un broyeur à papier et un cuitvapeur — « impossible de trouver les pièces détachées ! C’est quand même magique, et puis ça nous redonne une vraie autonomie.»
A Biarne comme à Boston ou Amsterdam, on apprend à faire soi-même et ensemble, « et on rend le monde un peu plus judicieux », dit Adrien de sa voix douce. Un idéal de société « collaborative », limite subversif, un grain de sable positif « pour ne pas rayer la ruralité de la carte », insiste Pascal
Minguet. « On voulait prouver que c’était possible chez nous » : grâce à Net-Iki, un village franc-comtois a retrouvé sa place sur la carte de France •
1 L’« -*encre » utilisée est souvent du plastique, mais aussi du métal, du béton, voire du sable, comme dans le projet du suédois Magnus Larsson, qui veut transformer des dunes en villes, en plein Sahara…

Telerama 11 6 2014

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