Archives pour l'étiquette Ruralité

on refait le monde… ma petite contribution à l’économie collaborative

SocialTer N°6 août-septembre 2014

Dossier : Economie collaborative… La révolution des makers. Article de Clarisse Briot (qui est passé à Biarne en juin)

Quand le faire est l’affaire de tous.

FabLab des champs
Un Fab Lab dans un village du Jura: qui l’eut cru ? Deux ans après sa création, Net-IKi, le premier Fab Lab rural de France, fait des émules. Son pari: ouvrir le collaboratif au plus grand nombre.

Des ordinateurs et des im­primantes 3D ont rem­placé le tableau noir et les pupitres d’écoliers. A Biarne, bourgade de 350 habitants près de Dole, dans le Jura, un FabLab s’est installé dans l’ancienne école, et désormais, ce sont d’autres sa­voirs qui s’y partagent. L’association Net-IKi (« ici » en franc-comtois) est née de la rencontre de deux blogueurs de communes voisines. Elle a d’abord milité pour obtenir un débit Internet satisfaisant dans les villages et y amener « la culture numérique ». Puis, de fil en aiguille, l’idée de lancer le premier Fab Lab rural de l’Hexagone a germé.

À l’instar du café qui a depuis long­temps déserté la place du village, l’ate­lier de fabrication est d’abord un lieu où se croisent des gens d’horizons très divers. « Sur le papier, c’est un mélange improbable qui ne marche pas », s’amuse Reynald Blondeau, le pré­sident de l’association, ingénieur dans la plus grosse entreprise du départe­ment. « Notre Fab Lab est sans doute l’un des plus ouverts de France, on accueille aussi bien des collégiens que des retraités, des architectes mais aussi Monsieur et Madame Tout-le-monde » », renchérit Pascal Minguet, cofondateur et ani­mateur de cette communauté hétéro­clite. Ce jour-là, autour des impri­mantes 3D, du scanner, de la découpe à fil chaud et des logiciels libres, s’af­fairent notamment Arnaud, 25 ans, cantonnier du village voisin passionné de 3D, et Dominique, 50 ans, agent d’entretien.

Lutter contre l’obsolescence programmée
Ces bricoleurs du XXI’ siècle se re­trouvent ici pour fabriquer des proto­types – un étudiant en chirurgie dentaire est venu imprimer une mâchoire pour s’entrainer à opérer – et des objets de la vie quotidienne : jetons de Caddie, poi­gnées de four, pièces de tondeuses à gazon ou de jouets cassés … « Les gros Fab Labs font des projets d’ingénieurs, sourit Pascal Minguet. Nous, nous sommes très pragmatiques!» Pour autant, l’ambition est bien là : donner accès à la technologie au plus grand nombre et à moindre coût, et promouvoir la collaboration autour de projets. « Les machines ne sont qu’un pré­texte pour les faiire travailler les gens en­semble, innover, explique Pascal Min­guet. Nous leur redonnons de la confiance et du pouvoir. »

« Les machines ne sont qu’un prétexte pour faire travailler les gens ensemble et innover »

Celui, par exemple, d’oser dépecer son téléviseur en panne pour fabriquer soi-­même la pièce défectueuse que les indus­triels ne vendent plus. Car le « faire en­semble» veut inspirer un nouveau modèle: celui de la lutte contre l’obsoles­cence programmée, de la relocalisation de certaines productions et de l’open source. « Pour survivre, il faudra vulga­riser, partager les connais­sances afin que chacun puisse être créatif, lance le président. Ce sera possible de façon industrielle, dam de petites unités.»
À Biame, on est conscient de n’être encore qu’au stade du défrichement. Mais cer­tains – comme Jean-Baptiste Fontaine, 29 ans, cofondateur du lieu – appellent de leurs vœux une nouvelle ère. « C’est beaucoup plus efficace d’être dans une lo­gique de partage que de brevets, explique ce fils d’agriculteur, fan de Jeremy Rifkin et Bernard Stiegler, fervents défenseurs du Do It Yourself Nous sommes dans un monde bridé, spécialisé à outrance, opaque, dans lequel l’humain souffre. Il fàut re­prendre la main. »

En attendant, Net-IKi œuvre, à son échelle, à démocratiser les pratiques collaboratives et compte «passer à la vitesse supérieure» en accompagnant la création de nouveaux Fab Labs dans la région, pour atteindre une dizaine d’ici la fin de l’année. Avec un supplément d’âme: celui de la défense de la ruralité. Comme l’a dit un jour un maker de passage : «Ici, on partage tout, sauf les coins à champignons. »

Pascal, invité de lamatinale sur RCF 39

Lors du pot d’anniversaire de vendredi dernier, Guillaume Rochon, de RCF Jura a interviewé Pascal.

Lundi 30 juin 2014, Pascal a été l’invité du matin de Guillaume.

cliquez sur l'image pour écouter l'émission

Photo de l’interview, dans la cour du FabLab

Pascal Minguet, FabLab Net-IKi répond aux questions de Guillaume Rochon RCF Jura

Télérama : La révolution est en marche

Je suis très fier de toute l’équipe du FabLab Net-IKi…. et un grand merci à Wéronika.

Covoiturage, logiciels libres, séjours chez l’habitant : le partage s’impose dans toutes les sphères.
Et serait même une sérieuse alternative au néolibéralisme.
Exemple à Biarne, dans le Jura.

Dossier réalisé par Weronika Zarachowicz
Photos Julien Mignot pour Télérama 11 juin 2014

Télérama 11 juin 2014

L’essayiste américain Jeremy Rifkin l’annonce dans son dernier livre paru aux Etats-Unis, The Zero Marginal Cost Society : l’économie du partage, ou économie collaborative, est une « révolution », capable de balayer deux siècles de capitalisme.
Dans cette économie, tout se partage – la musique, la voiture, les appartements… –, et de nouvelles
pratiques collaboratives – troc, achats groupés, nouveaux modes d’organisation du travail, agriculture paysanne et circuits de proximité… –se multiplient pour le « bien commun », c’est-à-dire
l’intérêt de tous. Sommes-nous face à une mythologie bobo et médiatique ou plutôt à une révolution
profonde de nos modes de vie ? Faut-il y voir de simples logiques de consommation anticrise ou
bien une vraie remise en question de notre rapport aux objets et à la propriété ? Plutôt que de tenter de résumer ce vaste champ d’expérimentations, où se côtoient aussi bien des petits acteurs locaux comme les Amap (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) que des géants comme Airbnb – ce site de location d’appartements chez l’habitant, valorisé à plus de 10 milliards de dollars… –, nous avons choisi de nous focaliser sur son potentiel créatif. Dans un petit village du Jura, par exemple, où s’échafaude et s’invente le premier « fab lab » (de l’anglais fabrication laboratory) rural de l’Hexagone. Nous poursuivons la visite en compagnie du philosophe Pierre Dardot et du sociologue Christian Laval, auteurs du formidable Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle. Pour eux, ce « commun » est la grande idée politique du XXIe siècle, une très sérieuse alternative au néolibéralisme.

A première vue, rien ne détonne à Biarne. Une église, une mairie ouverte deux fois deux heures, une jolie chapelle classée monument historique et, ce jeudi après-midi, quelques poids lourds qui déchirent le silence. Dans cette bourgade nichée dans la verdure vallonnée du Jura, à quelques kilomètres de Dole et de sa gare TGV, tout a fermé, café, commerces. Il faut pousser jusqu’à la blanche mairie pour découvrir une autre histoire que celle du village-dortoir de trois cent soixante habitants, victime de l’exode rural et du vieillissement de sa population. Là, au premier étage, s’épanouit le premier fab lab rural de France, Net-Iki (« ici » en franc-comtois).

Télérama 11 6 2014

Depuis trois ans, Biarne est devenu l’un des foyers français d’un mouvement que Chris Anderson, ancien rédacteur en chef du magazine Wired, la bible techno américaine, qualifie de « prochaine révolution industrielle » : des « ateliers communautaires de l’ère numérique » qui permettent à M. et Mme Tout-le-monde de fabriquer toutes sortes d’objets comme dans une mini-usine, en partageant des connaissances, des procédés et des plans en accès libre sur le Net. Le principe de ces laboratoires de fabrication a germé loin du Jura, dans la tête de Neil Gershenfeld, professeur au Massachusetts Institute of Technology de Boston et initiateur d’un cours sur les prototypes, « Comment fabriquer presque n’importe quoi ». Mais à Biarne, dans les deux anciennes salles de classe de l’école, fraîchement repeintes, souffle bien l’esprit du « do it yourself, do it with others » (« faites-le vous-même, faites-le avec les autres »).

La panoplie d’outils conforme à la charte des fab labs définie par Gershenfeld s’offre au visiteur, éparpillée sur des tables : la découpeuse à fil chaud, le scanner, des ordinateurs et la fameuse imprimante 3D qui permet de recréer le bouton cassé de son four à partir de quelques grammes de plastique. Commandée par un ordinateur, l’imprimante dépose de la matière, couche par couche,
jusqu’à créer l’objet souhaité, dessiné grâce à un logiciel ou scanné en 3D… 1 A Biarne, la philosophie fab lab s’affiche d’entrée : « Un fab lab, c’est une communauté, un partage de valeurs de bienveillance, de connaissances, dit Jean-Baptiste Fontaine, 29 ans, un des cofondateurs. Un lieu
pour casser les barrières transgénérationnelles, transdisciplinaires et cultiver l’intelligence collective.»
Tout a commencé dans une de ces réunions au format peu académique — un BarCamp —, une «non-conférence » dont le principe est « pas de spectateurs, tous participants ». Jean-Baptiste, fils d’agriculteur, fan du philosophe Bernard Stiegler et bien décidé à « changer le monde », rencontre
Pascal Minguet, expert en communication revenu au pays après quelques années parisiennes et initiateur d’une association qui réclame le haut débit dans les villages et « aide les ruraux à ne plus subir l’informatique ».
« On s’est d’abord mis à faire des achats groupés, à échanger des infos sur une page Facebook commune et, quand on s’est lancé dans ce fab lab rural, en 2011 avec JB, tout le monde était prêt », dit Pascal, 55 ans, pull mandarine et le rire qui rythme ses phrases.
Trois ans plus tard, Net-Iki agit comme un aimant. Deux jours par semaine, aux horaires d’ouverture de la mairie, s’y croisent plus de quatre-vingts adhérents de tous horizons, retraités ou geeks, garagistes ou architectes, qui font de ce fab lab le plus ouvert de l’Hexagone. On vient fabriquer un jeton de Caddie, un support d’antenne satellite, un modèle réduit de clocher comtois ou encore un prototype de mâchoire-mannequin développé par un étudiant en chirurgie dentaire de Besançon pour s’entraîner… « On travaille aussi avec des PME, des groupes de recherche et développement du coin, qui ont besoin d’imprimer en 3D », ajoute Pascal Minguet. Démarrée avec une subvention du conseil
général, Net-Iki est aujourd’hui autonome financièrement — « une preuve de plus qu’il faut faire confiance aux gens ! Le conseil général a largement rentabilisé ses 5 000 euros, quand on sait que le moindre rond-point coûte entre 1 et 1,5 million d’euros… » Ce jeudi, ils sont une petite dizaine, comme Adrien, ex-étudiant en agriculture devenu programmeur, Arnaud, jeune cantonnier passionné de numérique (il a formé Hubert Reeves à l’imprimante 3D au festival Atmosphères de Courbevoie !), ou encore Noëlle, rousse retraitée qui nous a covoiturés depuis Dole. Jean-Baptiste imprime une ministatue de la liberté — échevelée —, puis propose une partie de jeu de société collaboratif — «un défi, il en existe si peu dans notre culture compétitive ! »

« Ici, on refait ce qu’on ferait au café », dit Pascal. Ou naguère à la forge. « Hier, l’outil était sous nos yeux, chez le maréchal-ferrant, qui pouvait fabriquer les choses et nous l’expliquer, poursuit Jean-Baptiste. Aujourd’hui, l’usine est à l’autre bout du monde, fermée, opaque. On n’a aucune conscience des outils qui permettent de comprendre comment fonctionnent nos objets, comment les réparer et se les réapproprier. Le fab lab permet de lutter concrètement contre la première des dépossessions : celle des savoirs et des savoirfaire.» L’air de rien, les compagnons de Net-Iki touchent aux « absurdités du système actuel », dit Reynald Blondeau, son énergique président. « Je suis un enfant de la société de consommation, mais cette logique — acheter, jeter et remplacer
— commence à me gonfler ! Avec le fab lab, on est en plein dans la lutte contre l’obsolescence programmée. »
On pense soudain à cette phrase du philosophe André Gorz, « c’est le capitalisme lui-même qui, sans le vouloir, travaille à sa propre extinction en développant les outils d’une sorte d’artisanat high-tech ». Alain Verber, retraité du coin, vient justement de réparer un broyeur à papier et un cuitvapeur — « impossible de trouver les pièces détachées ! C’est quand même magique, et puis ça nous redonne une vraie autonomie.»
A Biarne comme à Boston ou Amsterdam, on apprend à faire soi-même et ensemble, « et on rend le monde un peu plus judicieux », dit Adrien de sa voix douce. Un idéal de société « collaborative », limite subversif, un grain de sable positif « pour ne pas rayer la ruralité de la carte », insiste Pascal
Minguet. « On voulait prouver que c’était possible chez nous » : grâce à Net-Iki, un village franc-comtois a retrouvé sa place sur la carte de France •
1 L’« -*encre » utilisée est souvent du plastique, mais aussi du métal, du béton, voire du sable, comme dans le projet du suédois Magnus Larsson, qui veut transformer des dunes en villes, en plein Sahara…

Telerama 11 6 2014

Et faites un tour sur le site Télérama.fr

Il y a une semaine nous étions à Amay, vers Liège

Le rythme est soutenu, depuis septembre et je n’ai même pas disposé de 5 minutes pour vous faire partager quelques images de la semaine dernière.

Les pages Facebook sont beaucoup plus à jour, parce que plus rapides à mettre à jour… La page Pascal & Bruno <– cliquez sur j’aime et vous saurez tout.

Départ 5h du matin sous la neige, maxi 90 mais souvent 50 à 60 km/h… jusqu’à Nancy, ensuite ce fut mieux.

arrivée à l'Abbaye de la Paix Dieu à Amay - Belgique
arrivée à l'Abbaye de la Paix Dieu à Amay - Belgique
conférence plénière
conférence plénière

L’après midi du jeudi a été découpée en 4 ateliers :

– soutien à l’entrepreneuriat

– dispositif de soutiens publics

– dispositifs collaboratifs et réseaux

– réseaux d’initiatives de proximité.

Je suis donc intervenu pour ce quatrième atelier pour expliquer notre expérience en terme de FabLab Rural dans un village de 350h dans le Jura.

Mon intervention
Mon intervention

Le lien sur la conférence et les détails de mon intervention

Intervention sur une conférence en Wallonie…

Les 21 et 22 novembre 2013 à Amay (Liège) en Belgique.

C’est Pascal qui interviendra pour partager notre expérience Net-IKi et FabLab-Net-IKi.org avec nos amis Belges.

Tout savoir sur le programme de cette conférence et s’inscrire.

Cette conférence européenne est organisée par le Réseau wallon de développement rural.

Notre FabLab qui est le premier FabLab rural en zone francophone, intéresse au delà de l’Hexagone…

Séminaire Européen «Entrepreneuriat rural & Créativité»
21 ET 22 NOVEMBRE 2013 • ABBAYE DE LA PAIX-DIEU À AMAY (BELGIQUE)
Dans un contexte économique en permanente évolution, le Réseau wallon de Développement rural s’est préoccupé
d’identifier et analyser les enjeux en matière de développement économique. L’idée est de pointer des réponses
innovantes qui, dès aujourd’hui, stimulent l’économie locale et soutiennent l’entrepreneuriat en milieu rural.
Le séminaire permettra notamment :
> D’étudier de nouvelles formes d’entrepreneuriat en milieu rural;
> De prendre connaissance des politiques et dispositifs mis en œuvre dans d’autres régions d’Europe en
matière de développement économique;
> De favoriser l’échange et le dialogue entre acteurs locaux, institutions et pouvoirs publics impliqués dans
le domaine du développement économique.

Pascal, dans l’Hebdo 39 de la semaine : très haut débit encore et encore

Pascal a répondu aux question de Cyril dans Hebdo 39 de la semaine 46-2013

Voici l’article

Pascal Minguet, vous êtes expert en technologies numériques, l’inauguration du réseau d’initiative publique très haut débit (fibre optique) s’est déroulée ce vendredi 8 à Champagne-sur-loue. Que vous inspire cet événement ?

Ce scandale, où l’opérateur historique déploie son propre réseau en plus du réseau existant, montre bien l’amateurisme de l’ensemble des parties prenantes, opérateurs inclus, en matière de très haut débit dans la Région et le Département et, plus généralement, en France. A chaque niveau, chacun avance sans concertation réelle, on prend les habitants pour des sous-développés du numérique alors que ce sont eux qui au final s’abonneront. Les « conseillers » et autres officines qui raisonnent sur des statistiques et engagent le département sur des voies de garage sont elles aussi responsables de ce désastre. Il faut donc fédérer à tous les niveaux, optimiser les ressources et éviter le gaspillage que l’on a connu avec Connectic 39. Mettons autour de la table des représentants de la population, de l’agglomération, du CG, de la Région, du Sidec et des opérateurs et avançons rapidement. Sinon, nos communes rurales serons d’ici quelques années des mouroirs. Le sujet principal des prochains scrutins sera évidemment : le très haut débit pour quand ?

Inauguration du WiMax (rustine technologique) à Jouhe, fev 2009 - le collectif a mobilisé


Dans le Jura, la fracture numérique sévit toujours et encore. Une problématique fâcheuse pour bon nombre… Depuis plusieurs années beaucoup ont l’impression que rien ne bouge vraiment. Confirmez vous cet état de fait ?

On régresse même, puisque depuis la liquidation de Connectic 39, les abonnés WiMax (rustine à 2 Mbps, mais qui permet tout de même de se connecter en attendant la fibre) risquent de voir leur liaison coupée d’un jour à l’autre. Nous n’obtenons aucune réponse à nos interrogations (qui gère le réseau, quel avenir, et après le WiMax ?), c’est à se demander s’il y a un pilote du haut débit en Franche-Comté et dans le Jura ?

Pendant ce temps là, à Dole on a fibré des bâtiments communaux, vers à Biarne des fibres ont été tirées à 1 km du centre du village, sans qu’un responsable ne se dise : « la trancheuse est là, il suffit de faire 1 km de plus et le sous répartiteur serait alors raccordé à la fibre et les abonnés pourraient bénéficier de 20 Mbps chez eux en quelques semaines. Les habitants des villages voient le prix de leur maison chuter de 20 à 30 % faute d’un Internet haut débit ! Le collectif que nous avons créé il y a 5 ans va reprendre des actions et se tient à disposition des « responsables » pour trouver des solutions efficaces et rapides à ce gouffre numérique dans lequel nous avons été précipités !

ca manquepas d'air - à Jouhe, oct 2008 ... Sylvie, Jean-Baptiste et Pascal


Expliquez nous les enjeux sociétaux et économiques liés au développement d’internet haut débit.

Rien ne se fait ou se fera en terme d’éducation, formation, santé, entreprise/artisanat, vie citoyenne ou encore dans nos démarches administratives sans internet haut débit. Mis à part la mairie et l’école, il n’y a plus aucun service publiques dans nos villages. Si on veut travailler, s’informer, apprendre, se divertir c’est par le très haut débit que l’on aura une chance d’avoir des services comme tous les citoyens de ce pays. La télémédecine par exemple, sans internet ne fonctionnera pas, comment un élève peut il avoir accès des ressources en ligne ou encore passer le B2I (brevet informatique et internet)… sans parler de tous les indépendants, télétravailleurs, commerçants ou TPE qui ont besoin d’Internet pour leur activité. Veut-on rayer nos villages de la carte, veut-on rapatrier tout le monde en ville ? Quelle est la vision de l’agglomération ?

Les prochaines échéances électorales vont être impactées par des réponses à cette problématique du très haut débit. Et ce n’est pas en 2025 qu’il faut du très haut débit, c’est dans les 2 ans qui viennent. Economiquement c’est possible si tout le monde se met autour de la table, prend le taureau par les cornes et décide d’avancer, c’est à cette condition que le Jura et la Franche-Comté avanceront ou se dépeupleront. Et ne parlons même plus d’attractivité du territoire sans très haut débit…


Parlez nous du nouveau FabLab en création à Champagnole. Et de celui de Biarne, premier FabLab rural de France, dont vous êtes l’initiateur. Quel est l’intérêt d’une telle structure ?

Lorsque nous avons lancé le projet de FabLab (Laboratoire de fabrication) en 2010, il n’y en avait pas en France et nous voulions nous inscrire dans un projet innovant. Nous voulions aussi prouver que dans un village de 350 habitants du Jura, on maîtrise les usages du numérique et que l’on peut facilement se placer sur la scène nationale de l’innovation collaborative. Le premier FabLab rural de France a donc été ouvert à Biarne en juin 2012. Nous sommes partenaire des pôles d’innovation microtechniques et Platispolis, nous travaillons avec les lycées, des entreprises locales et nous innovons. En 2011, Christophe Perny nous avait donné une mission, essaimé. Le FabLab de Champagnole est donc « la première pousse » qui porte a germé, nous aurons sans doute Les Crozets, Conliège, Saint Claude et encore d’autres en 2014, dans la région il y aura Montbéliard, Morteau, Belfort, Vesoul… Nous nous retrouverons sous la bannière « FabLab Comtois ». Il y aujourd’hui 250 FabLabs dans le monde, tous en lien via Internet et idéalement via du très haut débit.

C’est une nouvelle révolution technologique qui se profile à l’horizon ?

On parle de 3e révolution industrielle, l’Europe soutient des projets en matière d’entreprise 4.0, c’est-à-dire des entreprises totalement numériques qui reprennent le concept des FabLabs pour fabriquer au plus près des populations et à la demande. Le numérique, les FabLabs, l’industrie numérique seront la clé de notre avenir en Europe, dans le Jura et dans nos villages. Sans internet très haut débit, nous ne pourrons rien faire.


Enfin, spécialiste des réseaux sociaux que vous êtes, indiquez nous quels peuvent être les intérêts et dangers de Facebook ou d’autres réseaux du même type…

Rien n’est pire ou meilleur sur Internet. Les réseaux sociaux ont simplement ouverts des possibles en terme de collaboration, partage de savoir, réduction des distances inimaginable encore en 1999. Nous sommes dans une ère numérique et même à très haut débit numérique. Comme tout nouveau produit, il faut apprendre à l’utiliser de manière intelligente et ne pas perdre son bon sens. En France, la nouveauté fait peur. Mais si on prend les choses calmement, avec bon sens, on peut en tirer le meilleur sans risque majeurs. C’est d’ailleurs l’une des missions de l’association Net-IKi.

www.fablab-net-iki.org

fablab.netiki@gmail.com


Le collectif de Lutte contre le bas débit, a été initié en 2008 entre Jouhe et Biarne.

http://www.lutte-contre-56k.blogspot.com – (site sans photo, sans vidéo…parce qu’il y a encore des habitants de nos villages qui ont du 56k ! ! ! en 2013 !)

nous contacter : association.netiki@gmail.com – l’association Net-IKi



Biarne et notre FabLab dans la rubrique « entreprises »

L’hebdo de l’économie bourguignonne parle du nous
N° 4342 20 au 26 mai 2013

La nouvelle propriété, c’est le partage

Économie collaborative. Enfant de l’internet et des réseaux sociaux, sera-t-elle la révolution industrielle du XXle siècle ? Deux exemples locaux, avec Les Docks Numériques de Dijon et le fablab Net-iki dans le Jura.

L’économie collaborative pourrait fournir un nouveau modèle pour consommer, produire, travailler, se loger ou se financer autrement. Proche du Do It Yourself (fabriquer soi-même), fondée sur le partage des données (open source), imprégnée de développe­ment durable et de circuits courts, adepte des financements par crowdfunding (financement participatif), elle favorise l’accès à l’usage (co-voiturage par exemple) plutôt qu’à la propriété, instaurant de nouvelles relations sociales. Neuf heures du matin au Port du Canal à Dijon. ……

Encadré 1

Le village monde du FabLab Net-Iki

-Les créateurs du fablab de Biarne, près de Dole, ont le triomphe modeste, eux qui pourtant ont ouvert dans un village de 360 habitants un des sept premiers fablab français, le « canal historique », comme le dit avec humour Pascal Minguet, l’un des fondateurs. D’abord cyberbase du village, Net-iKi, ici en patois, est depuis 2012 un laboratoire local de production. Il connecte un ordinateur équipé d’un logiciel de modélisation à une imprimante 3D pour créer des objets sur mesure par ajout de matière. Fervent opposant de l’obsolescence programmée, Net-iKi voit défiler les makers biarnais venus fabriquer une pièce cassée de leur électroména­ger, les BTS Design de Dole, ou les

licences pro Ecodesign de Besançon qui ouvrent un fablab dans l’université. Des entreprises viennent y créer des pré-prototypes, bijoux ou créations industrielles. Sans parler des trois pôles de compétitivité régionaux venus « enquêter» dans ce village gaulois du futur. Partage, des savoir-faire et des savoirs sont au fondement de tous les fablabs. Jean-Baptiste Fontaine, le fablab manager de Net-IKi parle même « d’un lieu où l’on construit le bien commun, où de nouvelles logiques de

propriété et de partage aboutissent à des relations sociales différentes ». A Dijon, le fablab Kelle Fabrik devrait être opérationnel en mai.

L’imprimante 3D de Net-iKi peut réaliser, par ajout de matière, des pièces d’une hauteur de 15 cm. Le fablab s’équipera bientôt d’une découpe laser.

www.fablab-net-iki.org